La «Prison de Dames» et «l'Affaire des Poisons»
La «Prison de Dames» et «l'Affaire des Poisons»
Une des geôles souterraines du château a eu comme pensionnaires huit femmes dont les plus connues furent Anne Guesdon et La Chapelain. La première, femme de chambre de la marquise de Brinvilliers mourra en 1717 après 36 ans de captivité ; la seconde, femme à tout faire et entremetteuse passera 43 ans en ces murs.

Dans les « coulisses » de la Cour de Louis XIV, des troubles affaires d'empoisonnement, de magies, sacrifices rituels d'enfants ont cours. Une vaste enquête policière menée par le Lieutenant Général de Police La Reynie va découvrir le « pot aux roses ». De grands noms de la cours sont impliqués dont la Marquise de Montespan, favorite du roi. Quand celui-ci apprendra tout ce qui se trame autour de lui (afin que son honneur ne soit pas bafoué vis à vis des autres rois d'Europe), il supprimera la chambre Ardente (tribunal) en 1682 et fera transporter par lettres de cachet en différentes forteresses les plus sûres du royaume tous ces « prisonniers retenue » dont la raison d'Etat empêche le jugement.

Les femmes les plus scélérates furent la Marquise de Brinvilliers et La Voisin qui expièrent leurs châtiments en étant brûlées Place de Grèves à Paris.
Fort Libéria - Villefranche de Conflent
     Fort Libéria - Villefranche de Conflent
 
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Vauban propose de bâtir une grosse redoute, de la faire à l'épreuve du canon ; de la revêtir, casemater, terrasser, de lui adjoindre un fossé fort profond et d'escarper le roc tout autour. Y faire des logements pour des centaine d'hommes et officiers, citernes, magasins, etc…

Il demande de commencer à tracer l'hexagone, puis le plate forme. Il faudra excaver jusqu'au « roc vif » pour établir les fondations. La maçonnerie sera « de bons moellons non sujets à la gelée, assis en bains de mortier, lequel sera composé d'un tiers de chaux vive et de deux tiers de sable ». Au dessus du cordon, on établira un petit parapet à l'épreuve des petites pièces, surélevé d'un autre parapet de briques percé de créneaux. Les chemins de ronde avec garde-fous seront destinés à la mousqueterie...

  Fort Libéria - Villefranche de Conflent
La Caserne des Officiers possède des magasins à farine en sous-sol.
 
 
Fort Libéria - Villefranche de Conflent
La Caserne des sous-officiers, avec balcon à la catalane.
 
 

Le 16 mai 1680 , Louvois arrive en tournée d'inspection en Roussillon. Il écrit au roi au sujet du château de Villefranche « il est d'une nécessité absolue de construire un espèce de chasteau proposé M. de Vauban sur une hauteur qui commande toutes celles dont on peut incommoder le ville moyennant quoi ce poste qui est d'une extrême conséquence tant pour la conservation de Montlouis que pour celle du Roussillon deviendra extrêmement bon en ce que (…) l'ennemi sera réduit à attaquer ce chasteau qui sera extrêmement fort (…) ».

Le ministre de la guerre donne les ordres de commencer les travaux en suivant le projet de Vauban tout « en y apportant modifications et nouveaux aménagements. Au lieu d'un magasin à poudre, faire autant de caves que l'on pourra sous les bâtiments et les voûter à l'abri de la bombe, l'une d'entre elles pouvant servir de magasin. Etablir une communication à la casemate par une galerie souterraine traversant sous le fond d'un fossé. Dès le 8 Juillet 1680, un marché est passé avec le sieur Boyer pour la construction du château. Les travaux commencent, se poursuivent au cours de l'hiver et au mois de février 1681, l'intendant annonce au ministre que l'on pourra conduire jusqu'au château l'eau de la source que l'on a trouvé dans les montagnes. Le 15 novembre, il reçoit la garnison, cent soldats supplémentaires sont demandés pour activer les travaux.

   
     
Fort Libéria - Villefranche de Conflent
Louvois, Ministre de la Guerre
  Le château est opérationnel mais ceux-ci dureront six ans. Pour une vingtaine de canonnières, il n'y aura que deux pièces de 12, deux de 8 et six de 4, avec de quoi tirer deux cents coups chacune, ainsi que 12.000 milliers de poudre, du plomb et de la mèche à proportion, 24 arquebuses à crocs, une dizaine d'arquebuses rayées, 2000 grenades…

Vauban conclura : « on ne saurait apporter trop de soins aux bâtiments de ce fort, d'autant que de sa beauté particulière dépend tout le mérite de Villefranche, qui sans la protection de cette pièce, ne peut jamais rien valoir, quelques choses qu'on y peut faire ». L'ennemi ne pourra tirer aucun avantage des hauteurs grâce au fort : « s'il prenait résolution de l'attaquer, il faudra qu'il fasse monter du canon trois ou quatre fois assez haut que les tours de Notre Dame, par des rampes aussi droites que des toits de maison ».
     
 
 
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