Le Troisième Niveau

Il s’agit ici d’une petite caserne [4] (ou pavillon) très catalan dans son architecture avec son balcon couvert. Au premier les chambres, au rez-de-chaussée la boulangerie et son dernier four à pain, la petite pièce à côté, autrefois panetterie, est devenue un poste de police.
Le sous-sol servira de prison pour les complices des empoisonneuses de la cour de Versailles.

LE SYSTEME DE DEFENSE [5] – Le troisième niveau, le plus haut que l’on appelait « le donjon » est le plus vulnérable. Pour se protéger de la montagne de Belloc où l’ennemi, bien que très difficilement, aurait pu placer des pièces d’artillerie, Vauban imagine un double système de défense.

Tout d’abord ici il donnera à l’arrière du fort la forme d’une pointe (l’étrave d’un navire) afin que les boulets ricochent, le mur sera équipé de nombreuses bouches à canon dirigés vers la montagne. Mais malgré tout, le mur reste trop bas par rapport aux positons possibles de l’ennemi. Il fait alors entre le deuxième et le troisième niveau un mur très épais et très haut qui traverse de part en part la largeur du château et protège toute la partie inférieure des boulets ennemis.
Puis, autour du mur d’enceinte, il creusera un profond fossé pour empêcher d’atteindre les murs de la place forte. Pour plus de sécurité il ajoutera une galerie de défense dans la contrescarpe rendant ainsi toute manœuvre de l’ennemi impossible sans être pris à revers. L’accès à cette galerie se fait par deux escaliers dans la muraille. Après le passage sous le fossé on pénètre dans la galerie. De part et d’autre le magasin de munitions, avec tout au fond isolée par un système de double portes, la réserve à poudre. Cette poudre noire faisant énormément de fumée exige un bon système de ventilation. Ainsi face au fort, où la possibilité de tir est réduite, on se contentera d’une aération au dessus d’une meurtrière sur deux. Par contre dans l’enfilade des fossés où la perspective de tir est plus grande on fera une aération de plus en plus importante au dessus de chaque meurtrière.

La galerie est dotée d’un système de chicane (mur armé d’une meurtrière) et les portes lacées en quinconce empêcheront le tir en enfilade.

LA PRISON DES DAMES [6] – Après l’arrestation de la Marquise de Brinvilliers et de « La Voisin » , l’une pour l’empoisonnement de sa famille, l’autre pour la fourniture de poisons, filtres d’amours, et de la pratique de magie noire, on ouvre une « chambre ardente » tribunal d’exception chargé de découvrir les clientes de « La Voisin ». Les personnes arrêtées et interrogées peuvent impliquer des dames de la cour, et lorsque l’on cite le nom de Madame de Montespan, favorite du roi, celui-ci craint le scandale et fait fermer le tribunal.

Il expédie sans jugement tout le monde, le plus loin possible de la cour. Après un passage à Salsas (forteresse espagnole du XVème s devenue prison d’Etat ) 6 d’entre elles suivies de 2 arrivent à Villefranche. Le gouverneur est prévenu que ses pensionnaires ont calomniées les dames de la cour et que si elles osent parler, il faut les battre. Louvois, ministre de la guerre et responsable des forteresses va donner des ordres sévères :une personne de confiance pour porter nourriture et secours, et elles doivent rester enchaînées au mur.

Pour éviter tout contact avec l’extérieur on bâtira devant la fenêtre un mur ne laissant qu’un espace nécessaire à la clarté et à l’aération de la prison. Deux de ces femmes vont y survivre longtemps : La Guedon 36 ans et La Chapelain 44 ans .
En quittant ce triste cachot , on redescend au premier niveau.